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Caricature d'Yvon Delbos

Yvon Delbos

Yvon Delbos : un périgourdin candidat à l’Élysée

Né le 7 mai 1885 à Thonac, il est le fils unique d’une famille d’instituteurs. Élève brillant, Yvon Delbos obtient une bourse et fait ses études secondaires au lycée de Périgueux puis, après une hypokhâgne à Poitiers et une Khâgne au lycée Henri IV à Paris, il entre à l’Ecole Normale Supérieure. Sorti agrégé de lettres classiques en 1907, il s’engage en politique assez rapidement, à la fois par le journalisme et au sein du parti radical.
De plus en plus impliqué dans l’appareil du parti radical socialiste, il est candidat en Dordogne aux élections législatives de 1919, mais il n’est pas élu. Il devient cependant président de la fédération radicale départementale, puis vice-président du parti.
Élu député en 1924, il entre au gouvernement en 1925, comme sous-secrétaire d’État à l’Enseignement technique et aux Beaux-Arts. Après un très court mandat de ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts en octobre-novembre 1925, Yvon Delbos retrouve un maroquin ministériel en 1936 comme Garde des Sceaux, puis sera ministre des Affaires Étrangères du Front Populaire.
Il est à nouveau à l’Éducation Nationale en 1939-1940, puis de 1948 à 1950. Opposé à l’armistice de 1940 il embarque avec d’autres membres du gouvernement et des parlementaires à bord du Massilia en partance pour Casablanca.
Arrêté en 1943, après son retour en France, il est déporté à Orianenburg jusqu’en 1945.

Son expérience ministérielle, ses différentes fonctions politiques, sa connaissance du milieu journalistique et son rôle dans les deux conflits mondiaux en font un candidat présidentiable pour le camp radical socialiste.
Européen convaincu, il fut membre de l’Assemblée de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), et également partisan de la Communauté européenne de défense (CED) qui divise le monde politique français et sera au cœur des débats de cette élection présidentielle.
Yvon Delbos se déclare candidat le 15 décembre 1953, à seulement deux jours de l’ouverture du scrutin. Sous la Quatrième République, le Président est élu par un Parlement réunissant les deux chambres : le Conseil de la République (chambre haute1), et l’Assemblée nationale (chambre basse). Les différents partis présentent leurs candidats, qui doivent recueillir la majorité absolue des suffrages du Parlement.
Yvon Delbos se maintiendra durant trois tours d’une élection qui s’éternise et où René Coty, qui n’avait pas pu se prononcer dans les débats concernant la CED pour cause d’hospitalisation, sera finalement élu au terme de treize tours.
Première élection présidentielle française à être filmée pour la télévision, elle montrera également les limites institutionnelles de la Quatrième République2.

Yvon Delbos ne sort pas aigri par cet échec et continuera de poursuivre ses activités politiques3. Ce sont probablement ces activités, associées à la convalescence d’une opération de la prostate rendue plus difficile par une santé affaiblie par deux guerres, qui auront raison de lui.
Il décède le 15 novembre 1956, à Paris, des suites d’un infarctus. Il est inhumé le 18 novembre à Montignac où, quelques années auparavant un groupe scolaire Yvon Delbos avait été inauguré.

 

1 - À la différence du Sénat qui a un pouvoir législatif, le Conseil de la République n’a qu’un avis consultatif.
2 - 24 décembre1953 : Le Congrès de Versailles : l'élection du président Coty en vidéo
3 - Le journal Sud-Ouest avait prévu, pour le 19 décembre 1953, une double page consacrée au futur président Delbos, si celui-ci avait été élu. Cf. « 18 décembre 1953 : le jour où le périgordin Yvon Delbos faillit devenir président de la République », Claude Lacombe et Bernard Lachaise, dans Art et histoire en Périgord noir, n° 88 janvier 2002.

 

Images :

Caricature de Yvon Delbos (1885-1956), par Paolo Garretto (1903-1989). AD 24, 8 Fi 4/199.

Extrait d’acte de naissance de Yvon Delbos. AD24, 5 E 546/9

Le nouveau ministère Blum, l’Avenir de la Dordogne, 7 juin 1936. AD 24, PRE 1.

Sud-Ouest, vendredi 18 décembre 1953. AD 24, PRE 331.

Groupe scolaire Yvon Delbos à Montignac. AD 24, fonds Diaz, 14 Fi 4-03 et 14 Fi 4-04.

 

Bibliographie :

Bernard Lachaise, Yvon Delbos biographie (1885-1956), Fanlac, 1993. AD 24, BIB A 1762.

Bernard Lachaise, Le périgourdin Yvon Delbos dans la course à l’Élysée, Midi (revue hors-série Présidents et présidentiables), 1988. AD 24, BIB AA 1282.

Extrait d’acte de naissance de Yvon Delbos Le nouveau ministère Blum, l’Avenir de la Dordogne, 7 juin 1936. Sud-Ouest, vendredi 18 décembre 1953 Sud-Ouest, vendredi 18 décembre 1953 14 Fi 4_03.jpg Groupe scolaire Yvon Delbos à Montignac